Cet après-midi c'était la visite de contrôle, l'échographie qui devait permettre de voir, si la fausse-couche avait bien eu lieu, que "tout" était parti...qu'il ne restait rien, que je ne risquais pas de complication, comme une hémorragie, une infection ou autre...

Je me suis rendue compte sur place, à l'hôpital, que cette consultation était prévue en "hospitalisation de jour" et non pas en" consultations" justement...certainement qu'ils prévoient que tu puisses rester dans le service, au cas où.....si un curetage est nécessaire par exemple...

Enfin, bref, ça ne m'a guère rassurée, c'est un peu bête, mais je n'avais vraiment pas besoin de grand-chose pour augmenter mon état de stress...apprendre que quelque chose clochait aurait fini de m'achever, aurait été le coup de grâce, celui qui aurait tué en moi le dernier souffle d'espoir et le besoin vital de "passer à autre chose"....

Mais il en fut autrement et c'est avec du retard, mais finalement moins que je ne le pensais que j'ai été reçue....et que quelques minutes plus tard, la gynécologue me disait, rassurante, en fixant l'écran noir: "c'est tout bon".

Après m'avoir dit que c'était "aussi bien" que mon corps ait fait le travail tout seul, sans avoir à prendre le médicament à vocation abortive, elle m'a dit qu'en plus il l'avait bien fait, ce fameux "travail", et que tout était "propre".....je fus soulagée.

Je peux alors te dire définitivement adieu, petit papillon qui a tout juste eu le temps de te poser en moi...puis de repartir...

j'ai appris aujourd'hui que tu avais cessé ton évolution vers 7 ou 8 semaines, soit 2 semaines avant que je ne m'en aperçoive et 3 avant ton départ réel...j'ai du mal à me dire que je ne me soie rendue compte de rien....je m'en veux un peu...

8 semaines, c'est si peu...

J'ai eu le temps pourtant de t'aimer, fort, et ton départ m'a déchiré le coeur...je ne me souviens pas avoir été aussi triste, enfin, si, je m'en souviens....la perte d'un être cher provoque ce terrible chagrin et cette sensation que le monde s'écroule, s'arrête de tourner....

J'ai eu le temps de t'imaginer, de te parler et même de te cajoler......ces moments nous appartiennent.

Désormais, et même si je l'ai tout d'abord détesté de m'avoir fait "ça", je suis persuadée que mon corps a été un terrible conquérant, il a vaincu, seul, et comme un chef, il a fait en sorte que la nature garde ses droits et je suis fière de lui....

Voilà, reste la grosse blessure, celle que je garde secrète en moi, profonde, celle qui me fait monter les larmes aux yeux lorsque je croise une femme enceinte ou un nouveau-né, celle qui me fait baisser les yeux devant une malette de maternité posée sur un bureau d'accueil, et qui, cette fois-ci n'est pas pour moi......car, non, je ne suis plus enceinte...................................

J'ai le droit de me projeter une nouvelle fois dans l'avenir à partir de mon prochain cycle, j'ai le feu vert.........je me sens prête, et impatiente.....il me tarde d'être de nouveau enceinte...si seulement ça pouvait arriver vite....

Parce-que la vie n'est pas un long fleuve tranquille....et parce-que la vie continue....